Avec les chevaux

Amour . Liberté . Accueil

 

Chevaux d’ici et d’ailleurs, d’hier, de maintenant, et de demain, je vous souhaite à tous de vivre libres, de cheminer en paix aux côtés des humains, bercés par le murmure de votre cœur.

Le troupeau de l’Étoile du Berger brille de cette liberté retrouvée, celle d’être cheval, à tout instant. Le troupeau a commencé à se constituer en 2013, et peu à peu, s’est étoffé, de rencontres en naissances, d’individualités au grand cœur et à la volonté de vibrer ensemble.

 

Ce sont eux qui m’ont ouvert le cœur, dans le silence de la nuit, dans les rencontres poignantes des rêves, dans le murmure de leur sagesse. Ils m’ont appris à accueillir qui je suis, et qui ils sont. Ils m’ont menée au cœur de l’Amour, de la Vie.

C’est en les écoutant avec attention, en les laissant me guider que j’ai pu leur offrir cette vie qu’ils me demandaient. Quel était mon dessein en les accueillant ? A dire vrai, aucun. Je les accueillais car ils le demandaient. Je l’ai justifié autour de moi, car on me questionnait … « pour les aider », « pour les soigner », « pour que les humains puissent les rencontrer et apprendre d’eux ».

 

 

Que faisions-nous ensemble, qu’allions-nous faire ? Tout ce que je pouvais ressentir au fond de moi était ce que nous vivions : ces moments passés ensemble, à respirer, à somnoler, à s’écouter, à se soigner, à vibrer à l’unisson. Ils m’ont enseigné le présent, dans toute sa beauté et son éternité. Et lorsque je doutais, que je m’impatientais car après tout ne fallait-il pas que nous fassions quelque chose ensemble, ils m’ont toujours ramenée à l’essentiel : écouter mon cœur.

 

Zoria était arrivé en 2014, inapprochable, terrifié par les humains, les yeux encore pleins des ciels ouverts des Pyrénées, et le regard terrorisé par les brusqueries qu’il avait subies. Je l’ai accueilli à sa demande, et toujours à sa demande, lui ai ôté le lasso qui lui entourait le cou. Quelle libération. Deux années se sont écoulées pendant lesquelles nous devenions très proches, collaborant dans la voie du bien-être de ce troupeau dont il était rapidement devenu le gardien. Un matin, il a traversé le groupe pour me rejoindre, et demander d’être à son tour caressé. Je ne l’avais plus touché depuis ce jour où j’avais ôté son lasso. Nous nous accueillions dans le silence de nos cœurs. Cet instant de toute beauté était si émouvant. Je ne l’avais jamais cherché, et voilà qu’il m’était offert. Le lendemain, le retrouvant, je me suis avancée pour le caresser. Il s’est laissé faire. Je me suis alors éloignée et m’interrogeais sur le pourquoi de sa retenue quand soudain, je fus sortie de ma rêverie par un coup de pied aux fesses. Alcantara, comme toujours précise et de bon conseil, me rappelait d’accueillir.

 

J’accueille les chevaux qui viennent à moi, dans le respect de leurs rythmes intérieurs, et de leurs choix d’interactions. Ils viennent à moi lorsque cela est nécessaire, parce qu’ils ont besoin d’un soin, parce que nous devons nous déplacer, parce que nous souhaitons dans cet instant nous rapprocher. Certains chevaux sont arrivés avec des plaies intérieures, d’autres extérieures, ou parfois les deux. J’écoute leurs demandes pour effectuer un soin, les prendre en main, leur offrir de dormir en intérieur, ou affronter une peur qu’ils sont prêts à libérer. Le soin psychique ou physique peut alors être accueilli et intégré. (Lire La naissance de Shana Tova).

Accueillir, sans vouloir. Accueillir ces majestueux chevaux. Je les remercie chaque jour de m’avoir montré ce chemin, et que nous le parcourions ensemble. Je n’aurais jamais imaginé les ressources qu’ils ont en réserve, ni n’aurais pu m’ouvrir à les entendre, à les apprécier, et à les partager. Ils me montraient ce qu’ils sont peu à peu devenus, et c’est en écoutant leurs propositions, en suivant mon intuition que les transformations ont pu se réaliser, en moi, en eux.

 

Le mode de vie du troupeau est basé sur une vie libre, dans un cadre naturel, où les chevaux prennent leurs propres décisions en termes d’alimentation, de déplacements, d’utilisation de l’espace. Cette autonomie est une base essentielle à l’équilibre du troupeau. Pourtant, et ce dès que le troupeau s’est identifié en tant que tel (Lire Shana Tova), ils ont demandé à ce que nous vivions dans le même espace, une manière pour eux de se décharger d’une responsabilité, d’une surveillance nécessaires lorsqu’ils vivaient dans des terrains éloignés de ma maison.

Dans ce mode de vie naturel est apparu un équilibre, à la fois individuel, et de groupe. Cet équilibre permet que chacun renoue avec sa nature profonde. De cet équilibre naît l’harmonie du groupe et des individus. Il se traduit par une alimentation de plus en plus diversifiée, des rapports entre individus calmes, des niveaux parasitaires et des repousses de sabot auto-gérés, le développement de capacités de guérison propres à chacun, utilisées au sein du groupe et à destination des humains.

 

Et si vous vous demandez, Zoria est venu de nouveau se faire caresser quelques jours après, et je l’ai accueilli. Il peut se passer des mois sans que je le touche, comme il peut à un moment me demander un massage de la tête aux pieds, ou venir me voir tous les jours à certaines périodes. Nous sommes très proches au quotidien, dans le mode de communication et le lien d’amour qui est le nôtre, celui qui lui correspond. Tous les enfants veulent l’approcher, et il est toujours très présent lors des stages. Lorsque l’on oublie de vouloir et que l’on ouvre son cœur, il s’offre, doux et généreux …

 

Alors, oui, résolument, il n’y a rien à faire … si ce n’est d’être ensemble, savourer la vie, et accueillir les présents que nos amis chevaux nous offrent dans leur grande bonté et leur grande sagesse !